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Title: Portrait de Nini Lopez
Field(s):
Designation: tableau
Portrayed subject:
Date: 1876
Technique: peinture à l'huile, toile
Dimensions: Hauteur avec cadre en cm 79.5 ; Largeur avec cadre en cm 64 ; Epaisseur avec cadre en cm 10 ; Hauteur en cm 54.5 ; Largeur en cm 38
History: C'est dans La Loge, peinte en 1874, que Nini Lopez entre pour la première fois en scène dans la peinture d'Auguste Renoir ; la jeune montmartroise, cruellement surnommée Nini-Gueule-de-Raie, brille de tout l'éclat de sa blondeur aux côtés du frère de l'artiste. Bien que l'oeuvre ait été immédiatement acquise par le Père Martin, Renoir, comme la plupart de ses amis, traverse alors une période de lourdes difficultés financières qui culminent avec l'échec retentissant de la première vente impressionniste organisée à Drouot en mars 1875. Au printemps 1875, après avoir royalement négocié Mère et enfant (New York, The Frick Collection) pour 1200 francs, il s'installe dans un nouvel atelier sur la butte Montmartre, rue Cortot. Dans le jardin, dont Renoir apprécie l'aspect à moitié sauvage, la jeune femme pose de nouveau, Nini dans le jardin, 1875-1876, (collection Annenberg). Réputée " ponctuelle, sérieuse et discrète " , Nini devient le modèle favori de l'artiste entre 1875 et 1879 et apparaît dans au moins quatorze tableaux. En 1875, elle incarne La Femme au chat (Washington, National Gallery of Art), puis La Songeuse (collection Rosenberg). Deux ans plus tard, la voici musicienne dans La sortie du Conservatoire (Merion, Fondation Barnes). Au milieu des années 1870, Renoir l'utilise abondamment, seule ou en groupe, au moment où il développe le meilleur de son art impressionniste. Le Portrait de Nini Lopez est peint l'année où le peintre donne le meilleur de lui même dans d'éblouissantes compositions chatoyantes comme La Balançoire ou le Bal du Moulin de la Galette (1876, Paris, Musée d'Orsay). Cependant, soucieux de toucher une clientèle bourgeoise, Auguste Renoir multiplie aussi les scènes intimistes et les portraits de petits formats à des fins commerciales. Lors de la seconde exposition impressionniste de 1876, où il expose notamment La Liseuse (Madame Choquet lisant devant sa fenêtre), Castagnary loue ses portraits " si fins et si vifs " . Cette année-là, le peintre réalise au moins quatre portraits de Nini Lopez. Le Premier pas (Daulte 347) la montre guidant la marche hésitante d'un jeune enfant tandis que La Pensée (Daulte 227) la plonge dans une douce rêverie. La toile acquise par Olivier Senn est extrêmement proche d'une oeuvre de dimensions plus réduites, Portrait de Nini Lopez (profil blond) (Daulte 222) dans laquelle la jeune femme porte exactement la même tenue : corsage blanc et noir, foulard vert et catogan noir retenant la chevelure. Les traits du modèle sont habités de la même douceur, de cette retenue rêveuse qui confèrent à Nini son charme ingénu. Cependant le portrait de la collection Senn est plus représentatif des préoccupations esthétiques de l'artiste à cette période. Renoir, qui cherche alors à traduire les reflets changeants de la lumière sur la figure humaine, utilise une palette lumineuse, n'hésitant pas à marier des bleus intenses, des blancs éclatants rehaussés de lilas et quelques pointes de violets sur le visage de la jeune femme. Autant de hardiesses qui déchaînent la meute des Wolff et des Leroy mais que goûte avec un plaisir non dissimulé Emile Zola : " Renoir est un peintre se spécialisant dans les figures humaines. Chez lui domine une gamme de tonalités claires aux passages ménagés avec une harmonie merveilleuse. On dirait un Rubens éclairé du soleil merveilleux de Vélasquez. " Pour réussi qu'il soit, ce tableau ne laisse de surprendre par son format, sa composition et le traitement hâtif de la partie gauche. Cette toile a fait l'objet d'un léger agrandissement sur les bords gauche et supérieur, sans doute par l'artiste lui-même qui a pris soin de signer son travail à la jonction des deux nouvelles pièces. Ces modifications incitent à penser que ce portrait pouvait à l'origine faire partie d'une composition plus ambitieuse. La proximité de cette oeuvre avec le Daulte 222 suggère qu'en 1876 Renoir a multiplié les études de Nini Lopez revêtu de cette tenue vestimentaire. Moins esquissé que le Daulte 222, le portrait de la collection Senn, qui ménage une large place à l'étude de la lumière en arrière du modèle, a vraisemblablement été exécuté à proximité de l'une des fenêtres ouvrant sur le jardin de l'atelier de la rue Cortot. En 1877, alors que le talent de portraitiste de Renoir lui permet d'obtenir de prestigieuses commandes auprès de la bourgeoisie, comme Le portrait de Madame Charpentier et de ses enfants, Nini pose de nouveau dans un charmant portrait intitulé L'Ingénue ( Williamstown, Sterling and Francine Clark Art Institute). La jeune femme disparaît sans doute de la peinture de l'artiste, à la suite de son mariage avec un acteur de troisième zone du théâtre de Montmartre, au grand dam de sa mère et de Renoir, devenu son protecteur, qui rêvaient pour elle d'un mariage bourgeois. Mais durant les six années où elle posa pour l'artiste, la jeune Nini incarna parfaitement l'idéal féminin de Renoir fait de joie et de bonheur de vivre. De ses années montmartroises, l'artiste garda toujours un excellent souvenir, notamment celui de la délicatesse de ses habitants, cela en totale opposition avec Zola qui en forçait la noirceur dans ses romans. (Jean-Pierre Mélot)
Preserved by: Le Havre ; musée Malraux
Copyright notice: © collection SENN, Le Havre, musée Malraux, © Direction des musées de France, 2005
Photo credits: © KLEINEFENN

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